De nombreux investisseurs veulent encore acheter des actions Tesla en 2021 avec un objectif en tête : devenir riche, et si possible, rapidement.

Le 23 décembre dernier, Elon Musk, le PDG de Tesla nous dévoilait sur Twitter que Tim Cook, à la tête d’Apple, avait refusé de s’entretenir avec lui au cours de l’année 2017, pour négocier la vente du constructeur de voiture électrique à la firme de Cupertino, pour un montant avoisinant les 60 milliards de dollars.

Comble de l’ironie, le cours de l’action a été multiplié par 8 en 2020, et il est impossible de calmer l’hystérie autour de Tesla, tandis que des vagues d’investisseurs particuliers souhaitent eux aussi tenter leur chance.

Après tout, chacun a le droit de rêver de devenir un “Teslanaire”, le club des investisseurs devenus millionnaires grâce aux exploits d’Elon Musk.

Rétrospectivement, il est si facile de dire “Je le savais ! J’aurais dû acheter des actions Tesla tant qu’elles ne valaient rien ! Rhaaa Je vais m’en vouloir toute ma vie …

Mais il y a un problème : ne se serait-on pas en plein cœur d’une bulle boursière ?

Dans cet article, je vais vous démontrer pourquoi l’action Tesla est surévaluée  et pourquoi son envol n’était pas prévisible. Je vous montrerai comment vous pourriez reconnaître des entreprises à forte croissance.

Des challenges difficiles à surmonter

Bien qu’être rentable en 2020 s’avère être un véritable tour de force de la part de Tesla (l’entreprise était déficitaire depuis sa création en 2003, alors que la crise sanitaire a fortement impacté le marché de l’automobile), la liste des problèmes à résoudre est encore longue.

Si tout le monde s’accorde à dire que la voiture électrique est le futur de l’automobile, les batteries qui les équipent n’en restent pas moins un casse-tête industriel. 

Leur cahier des charges est bien rempli, leur production coûte cher et leur avantage pour le consommateur peine à se matérialiser, car les contraintes concernant leur autonomie et leur rechargement sont évidentes.

S’il était si facile de créer de telles batteries, Nikola, qui développe un prototype de camion électrique, ne se serait pas pris les pieds dans le tapis. L’entreprise, introduite en bourse en juin 2020, dont la capitalisation était deux fois supérieure à celle de Renault, a perdu 80% de sa valeur en à peine 6 mois.

A l’heure actuelle, ces batteries sont composées de métaux rares, des ressources par définition limitées et que sommes incapables de recycler, à tel point que la carte écologique peine à convaincre : le coût des voitures électriques est difficile à amortir alors que le pétrole reste une énergie peu chère.

Une adoption lente

De toute manière, Tesla est bien loin de pouvoir concurrencer les mastodontes d’une industrie qui repose sur le moteur à combustion depuis plus de 130 ans : ni sa capacité de production, ni la demande du marché ne lui permettent.

L’adoption de la voiture électrique par les consommateurs n’est pas aussi rapide que ce que les constructeurs automobiles aimeraient. 

Aujourd’hui, ce sont les véhicules hybrides qui ont le vent en poupe, et permettent de réaliser la transition énergétique, mais cette solution intérimaire pourrait durer plus longtemps que prévu, car l’alternative hybride séduit le marché à un rythme bien plus rapide que son équivalent électrique.

Si les estimations concernant les voitures électriques indiquent que ces dernières représenteront 7% de tous les véhicules en circulation aux Etats-Unis d’ici 2030, Toyota affirment que les hybrides contribueront à 25% de ses ventes en 2021 : les constructeurs traditionnels se sont donc positionnés sur le créneau, et tout le monde veut sa part du gâteau. 

Leader charismatique ou manipulateur des médias ?

Si Tesla dispose d’une telle couverture médiatique, c’est avant tout grâce à Elon Musk. dont la personnalité extravagante rythme les hauts et les bas de l’entreprise. 

L’entrepreneur n’hésite pas à user de la viralité vidéo, comme lorsqu’il fumait un joint pendant une interview, ou que son designer en chef brisait deux vitres lors de la présentation du véhicule blindé, le “CyberTruck”.

Son usage compulsif de Twitter, qui rappelle un certain Donald Trump, donne des sueurs froides aux actionnaires de Tesla, comme lorsqu’il annonçait songer à un retrait de la cotation, ou plus récemment en mai dernier, quand il déclarait que le cours de l’action était trop élevé. 

Cette sortie médiatique lui a d’ailleurs coûté la bagatelle de 20 millions de dollars, une amende infligée par la SEC, l’autorité des marchés financiers aux Etats-Unis. Un montant anecdotique comparé à la fortune de l’entrepreneur, dont la rémunération dépend avant tout … de la performance de l’action Tesla !

Elon Musk s’est vu débloquer il y a 6 mois un paquet de 1,68 millions d’options. Au prix d’exercice d’environ $350, et considérant le cours de Tesla à ce moment, cela représentait un pactole d’environ 2,1 milliards de dollars : un montant qui a depuis plus que doubler.

Il existe donc un réel conflit d’intérêt : Elon Musk est bien le premier bénéficiaire de l’envolée des cours de Tesla. 

Une action surévaluée

Les professionnels eux même peinent à s’accorder sur la valeur du titre. Quand Goldman Sachs vise un cours de $780, les analystes de JP Morgan évaluent l’action aux alentours de $90.

Le débat vaut la peine d’être posé, puisque l’on parle d’une entreprise dont la capitalisation boursière vaut trois fois celle de Toyota, le plus grand constructeur au monde.

Or, il faut bien comprendre que le prix d’une action reflète les attentes du marché en matière de marge et de volume, qui ensemble, permettront de déterminer les profits d’une entreprise.

Mais concernant Tesla ces attentes sont ambitieuses, pour ne pas dire surréalistes, à tel point que l’on pourrait se demander si le prix l’action n’a pas déjà atteint son maximum

Dans le marché de l’automobile, les deux stratégies sont incompatibles. Il est impossible de vendre de gros volumes, tout en dégageant une marge importante. Il ne s’agit que du bon sens : le prix et le volume évoluent dans un sens différent.

Une stratégie incompatible

 D’ailleurs, cette contradiction est énoncée au sein même de Tesla, qui dès 2006, souhaitait pénétrer le marché en proposant des voitures haut de gamme, puis diminuer le prix à la sortie de chaque modèle afin d’augmenter le volume.

Si s’établir comme un fournisseur d’électricité peut s’avérer être une bonne idée pour soutenir le business model de Tesla, les investisseurs devraient garder la tête froide à ce sujet.

Il s’agit d’un secteur extrêmement concurrentiel, et qui plus est, réglementé dans de nombreux pays. 

De toute manière, Tesla ne pourrait se permettre une marge trop importante, au risque de faire fuir les utilisateurs, qui ne manqueront pas de comparer le prix du plein d’essence à celui du rechargement électrique.

Aux investisseurs qui souhaitent malgré tout acheter des actions Tesla, Ryan Brinckman, analyste chez JP Morgan, leur conseillait la chose suivante lors d’une interview pour Bloomberg :

Je leur demanderais de se faire un avis sur les fondamentaux en se basant sur le cours actuel de l’action, et d’essayer de réfléchir aux futures estimations de volume, de recettes et de marges qui pourraient déjà être intégrées dans le cours de l’action, et de se demander  s’ils trouvent vraiment ces hypothèses raisonnables et probables (…).

Les nouveaux investisseurs potentiels de Tesla doivent comprendre qu’il y a une ferveur spéculative en ce moment et que le titre est fortement influencé par l’émotion et la psychologie.

Le président de Toyota a par ailleurs déclaré en novembre dernier lors d’une conférence en ligne : “Tesla dit que leur recette sera la norme à l’avenir, mais ce que Toyota a, c’est une vraie cuisine et un vrai chef (…) Ils ne fabriquent rien de vraiment réel, les gens achètent juste la recette”.

Un effondrement inévitable ?

Le cours de l’action avance bien plus rapidement que la réalité économique. Et si l’on paie aujourd’hui pour les profits de demain, il me semble peu probable que le cours de l’action continue d’augmenter à ce rythme.

Pire encore, les actionnaires ne pardonneront aucune déception au titre. Ce n’est pas parce que Tesla est rentable en 2020 que l’entreprise ne fera plus de perte, d’autant plus qu’au fur et à mesure que l’entreprise croit, elle sera de plus en plus sensible aux turbulences du marché automobile mondiale.

Tesla ne pourra pas maintenir une telle taille indéfiniment : à près de 700 milliards de dollars, l’entreprise vaut plus que l’ensemble du top 10 des constructeurs mondiaux, et se place en 8ème position du classement mondial des capitalisations boursières.

Mais alors pourquoi le titre s’est-il emballé à une telle vitesse ?

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Un seul acronyme suffit à expliquer le phénomène Tesla : FOMO, pour Fear of Missing Out.

Beaucoup d’investisseurs cherchent à devenir riche en trouvant la prochaine “pépite” qui va décoller, les rendant alors millionnaires.

La peur de manquer une telle opportunité les pousse donc à l’achat, sans réelle réflexion, en prenant le train en marche.

Et plus la boule de neige grossit, plus nombreux seront les néo-investisseurs : la hausse est auto-réalisatrice.

Mais cette philosophie repose sur un état d’esprit perdant : au final, il ne s’agit que de spéculation, et les investisseurs s’en remettent au hasard, sans savoir ce qu’ils font.

Bien qu’il soit possible de devenir millionaire grâce à ces investissements en bourse, les belles histoires évincent toujours les déceptions : c’est ce que l’on appelle le syndrome du survivant.

En cherchant à réaliser “le coup de siècle”, il bien plus probable que vous finissiez ruiné en ayant misé sur le mauvais cheval.

Il faut comprendre quelque chose : il est bien plus facile d’investir dans 10 entreprises dont la valeur va être multipliée par 5, que dans une seule entreprise dont la valeur va être multipliée par 50.

De nombreuses opportunités existent, mais encore faut-il savoir lesquelles saisir.

Pas besoin d’acheter des actions Tesla pour faire décoller vos résultats dès maintenant

Au cours de l’année 2020, j’ai présenté à mes lecteurs des entreprises que je détiens en portefeuille, comme Delta Plus Group ou Holmen AB, et dont la valeur a été multipliée par plus de 3 en moins de cinq ans, et qui disposent encore d’un bel avenir devant elles.

Pour obtenir de tels résultats, il vous faudra travailler de longues heures, et analyser méthodiquement des centaines d’entreprises.

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A propos de l'auteur

Sur mon blog, j'aide les investisseurs particuliers à faire de meilleurs investissements.

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