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Ecrit par : Adrien Aïach

Publié le : 09/01/2022

Les obligations sont une forme de dette émise par les gouvernements, les entreprises et les municipalités. Elles peuvent constituer un investissement intéressant pour les investisseurs car elles offrent des taux de rendement intéressant tout en garantissant le capital. Toutefois, avant d’acheter des obligations, il est important de savoir dans quoi vous vous engagez. Dans cet article, je vais vous expliquer tout ce que vous devez savoir pour acheter des obligations dès aujourd’hui !

I / Principe de base : qu’est ce qu’une obligation

A / Fonctionnement

Une obligation est un titre de créance émise par un gouvernement ou une entreprise cotée en bourse, pour lequel l’emprunteur s’engage à rembourser le capital à son créancier à une date définie à l’avance, que l’on appelle maturité.

La valeur nominale (ou simplement le nominal) est la valeur du capital que représente une tranche de l’obligation.

Par exemple, si l’état français emprunte un million d’euros, divisé en 1000 obligations, le nominal d’une obligation est de 1000€.

Au cours de la durée de vie de l’obligation, l’emprunteur verse des intérêts à son créancier, que l’on appelle alors coupon, en référence aux coupons de papier à détacher des obligations lorsque celles-ci existaient en format physique.

En faisant le rapport entre le coupon et le nominal, on trouve ainsi le taux d’intérêt.

La dénomination d’une obligation est standardisée de la manière suivante :

*Nom* *Taux d’intérêt* * Maturité* *Devise*

Visuel de la plateforme Saxo Investor
Comme vous pouvez le constater, il est très facile de s’y retrouver et de comparer les différentes obligations entre elles.

Vous retrouverez ce format chez n’importe quel broker et il vous sera facile de négocier des obligations Air France-KLM 3.875% 01 Jul 2026 EUR ou des obligations United States of America 2.5% 15 Feb 2045 USD, partout dans le monde !

Attention : il taux d’intérêt affiché ne vaut que lorsque l’obligation est achetée au pair, c’est à dire à un prix de 100%, soit la valeur exacte de son principal. Puisque les obligations sont cotées en bourse, leurs prix évoluent au fil des jours, ce qui a un impact sur le rendement. Nous reviendrons sur ces notions un plus loin dans cet article.

B / Pourquoi acheter des obligations ?

Bien que le marché obligataire mondial soit trois fois plus gros que celui des actions, les investisseurs particuliers ont tendance à mal connaitre cette partie de la bourse. Pourtant, il existe de très bonne raisons de vouloir investir dans des obligations, et la théorie traditionnelle de gestion de portefeuille recommande aux investisseurs de détenir 60% d’actions et 40% d’obligations.

La sécurité est la première objection soulevée par les investisseurs particuliers qui souhaiterait investir en bourse. De par leur nature, les obligations garantissent un rendement intéressant tout en ayant une certitude de revoir son argent à la maturité (ou presque, le risque zéro n’existe pas). On peut ainsi voir les obligations comme une alternative dynamique aux placements bancaires traditionnels.

Pour les investisseurs qui investissent déjà dans des actions, il s’agit d’un excellent moyen de réduire le risque de son portefeuille : une ligne d’obligation est généralement très peu volatile, permettant ainsi d’améliorer grandement le ratio de Sharp. Ce ratio est un bon indicateur pour savoir si la performance est obtenue en grâce à une prise de risque trop importante.

II /Les différents types d’obligations

Si la majorité des obligations sont émises à taux et à maturité fixes, il en existe différents types qu’il est nécessaire de connaitre.

A / Les obligations à taux variable

Il s’agit d’obligation dont la valeur des coupons est indexée sur un taux de référence. On parle également d’obligations indexées, et ces instruments sont signalés par le sigle FRN, pour Floating Rate Note.

Ce type d’obligation est principalement utilisé par les gouvernements pour offrir des garanties aux investisseurs vis à vis de l’inflation. On retrouve par exemple les OATi françaises (Obligation Assimilable au Trésor Indexées sur l’inflation française) ou les TIPS américaines (Treasury Inflation Protected Securities).

B / Les obligations à coupon zéro

Ce type d’obligation a la particularité de ne pas verser de coupon durant sa durée de vie. Le créancier souscrivant à l’obligation à un prix inférieur à son nominal et étant rembourser au pair, la différence lui assure une rémunération.

Ainsi plus la décote à l’achat est importante, plus la rémunération de l’investisseur est importante. En la comparant avec la maturité de l’obligation, il est possible d’en calculer un rendement effectif.

C / Les obligations perpétuelles

Il s’agit d’une obligation traditionnelle, à la différence près qu’elle ne dispose pas de maturité. L’emprunteur verse donc des coupons indéfiniment, jusqu’à ce que l’emprunteur ne décide de rembourser l’obligation (ce remboursement par anticipation est appelé un call, nous allons étudier ce mécanisme par la suite).

De par l’absence de maturité établies, la limite entre dette et fonds propres est fine, et ce type d’obligation offre en conséquence un rendement plus élevé. Les obligations perpétuelles sont ainsi considérées comme des capitaux propres selon la norme IFRS (International Financial Reporting Standards) IAS 32 : « un instrument financier est un instrument de capitaux propres si et seulement si l’émetteur n’a aucune obligation contractuelle de remettre de la trésorerie ou un autre actif financier à des conditions qui lui seraient potentiellement défavorables« .

D / Les obligations remboursables par anticipation

D’habitude, une obligation est remboursée à la date de sa maturité, mais il existe des obligations qui peuvent être remboursées par anticipation. En anglais, le terme est callable bonds ou redeemable bonds.

Dans un marché de taux volatil, ces obligations permettent à l’émetteur de profiter d’une futur baisse des taux d’intérêt. Par ce mécanisme, l’entreprise peut rembourser de la « vieille » dette, à un taux d’intérêt relativement plus élevé, et peut lever de la « nouvelle » dette à un coût plus attractif. Cela lui permet également de faire rouler sa dette (la renouveler indéfiniment par des emprunts servant à rembourser les précédents) et de se prémunir contre le risque de refinancement (l’incapacité, à cause de conditions de marché défavorables, c’est à dire, des taux d’intérêts prohibitifs, à obtenir les capitaux nécessaires au remboursement de sa dette).

E / Les obligations convertibles

Les obligations convertibles sont des actifs hybrides (c’est à dire, qui combinent plusieurs instruments financiers). Une obligation convertible est une obligation traditionnelle à laquelle on a associé une option d’achat.

Pour rappel, une option d’achat est le droit d’acheter un actif sous-jacent à un prix déterminé à l’avance, jusqu’à la maturité de l’option. Ce type d’option est dite américaine (exercice possible n’importe quand, jusqu’à la maturité), mais il en existe d’autre, comme les européennes (exercice possible uniquement à la maturité) ou les bermudiennes (exercice possible à une fréquence spécifique, par exemple tous les 25 du mois). Il existe une multitude d’options exotiques, mais ces instruments étant principalement utilisés par des professionnels sur les marchés de gré-à-gré, un investisseur particulier souhaitant investir dans des obligations n’aura probablement pas à négocier ce type de produit.

Le détenteur d’une obligation convertible peut alors décider de convertir ses obligations en actions de la sociétés émettrices, selon des conditions établies lors de l’émission des obligations.

De par leur caractère hybride, les obligations convertibles offre un rendement moindre, et sont sensibles à la fois aux évolutions des taux d’intérêt et du cours de l’action sous-jacente.

III / Acheter vos premières obligations

Vous pensez que le moment est venu pour acheter vos premières obligations ? Voyons comment vous pourriez vous y prendre.

A / Comment acheter des obligations avec un PEA ?

Malheureusement, il est impossible de détenir en direct des obligations, ou même des parts de fonds obligataires, car seules les actions françaises ou européennes sont éligibles au PEA.

En revanche, certains FCP répliquent la performance d’indices obligataires grâce à un swap de performance. Cette méthode de réplication, dites « indirecte » consiste à échanger l’intégralité des flux financiers d’un panier d’actifs, sans avoir à les détenir.

B / Peut-on mettre des obligations dans une assurance vie ?

Oui ! Et d’ailleurs, les obligations représentent le principal instrument financier des assurances-vie en fonds euro.

Rien ne vous empêche de loger des obligations au sein de votre assurance-vie en unités de compte. L’assurance vie en unités de compte est, à l’instar d’un compte-titre, un support d’investissement dans lequel votre épargne n’est pas garantie. Si elle dispose néanmoins de certaines règles, il n’y pas de restrictions relatives au type d’instruments financiers éligibles, comme c’est le cas pour le PEA.

C / Faut-il acheter des obligations en direct dans son compte-titre ?

Désormais, chaque plateforme offre à ses clients la possibilité d’investir dans les obligations. En cas de doute, n’hésitez à contacter votre courtier pour plus de précision : il se peut que l’accès au marché obligataire vous soit temporairement restreint, car votre intermédiaire financier est dans l’obligation de s’assurer de votre connaissance de ces instruments avant de vous les proposer à la vente. Cela vous permettra également de vous renseigner sur les frais et les conditions de vos ordres.

Acheter des obligations en direct n’est pas une mince affaires, et c’est pour cela que la plupart des particuliers actifs, qui sélectionnent et achètent eux même leurs actions, trouvent plus confortable de détenir des obligations au travers de fonds de placement.

D / Peut-on acheter des obligations lors d’une émission obligataire ?

Une émission obligataire est ce qui permet à un état ou à une entreprise de créer une obligation nouvelle et de la vendre à des investisseurs : c’est un peu le même principe qu’une augmentation de capital, voire de l’introduction en bourse, sauf qu’il ne s’agit pas d’actions.

Historiquement, on parle de marché primaire pour désigner la partie des marchés financiers qui concerne l’émission de titres nouveaux (i.e. qui n’étaient pas négociés auparavant) permettant ainsi à une entité de lever des fonds. Il s’agit du « marché du neuf ». Le marché secondaire désigne lui la négociation d’instruments financiers entre investisseurs, à l’instar d’un « marché d’occasion ». Avec internet, cette distinction est devenue symbolique, car les transactions n’ont plus lieu physiquement.

Le problème, c’est qu’il vous sera très rarement possible d’acheter des obligations lors d’une émission obligataire. En France, l’Agence France Trésor, qui s’occupe de la vente des OAT (Obligations Assimilables du Trésor) ne s’adresse qu’à des investisseurs professionnels dans le cadre de ses émissions, et il en va de même pour tous les pays du monde.

Pour des raisons de législation, la plupart des entreprises n’ont pas recours à l’épargne des particuliers dans le cadre d’émission obligataire afin de ne pas avoir à remplir de prospectus et de recevoir d’autorisation de l’autorité compétente.

E / Détenir des obligations via un OPCVM

Puisque seuls les professionnels de la finance ont accès au marché primaire, ces derniers sont plus à même de saisir les meilleures opportunités, et de les conserver en portefeuille. Contrairement aux actions, un investisseur obligataire conservera ses titres de créances plus longtemps en portefeuilles, ce qui en fait un marché bien moins liquide : certaines obligations vous seront inaccessible simplement pour une question d’offre inexistante.

Il est ainsi possible de bénéficier du travail de ces professionnels par l’intermédiaire d’un OPCVM (Organisme de Placement Commun en Valeur Mobilière), qui n’est que le nom réglementaire de ce que l’on appellerait communément un « fond d’investissement », et qui peut revêtir deux formes : celles d’un FCP (Fond Commun de Placement) ou d’une SICAV (Société d’Investissement à Capital Variable).

A la différence des ETFs, ces FCP et SICAV ne sont pas nécessairement cotés en bourse. La valeur des parts que ces entités émettent n’est donc pas mise à jour en continu et leur négociation n’est donc pas instantanée. En réalité, un ETF n’est qu’un FCP coté en bourse, dont vous pouvez acheter des parts à tout moment pendant les horaires d’ouverture des marchés.

IV / Faut-il toujours acheter des obligations en 2022 ?

Depuis quelques années, la théorie du 60/40 est remise en question, du fait de taux d’intérêt trop bas, voire même négatifs, exacerbés par les excellentes performance des actions. Il est désormais nécessaire de passer au cribles les risques auxquels vont faire face les investisseurs en 2022 sur le marché obligataire.

A / Des taux d’intérêt négatifs persistant

Depuis la crise de 2008, les banques centrales n’ont cessé d’abaisser leurs taux directeurs, ce qui n’a pas manqué de tirer vers le bas le rendement des obligations.

A l’instar des livrets et autres placements bancaires, le maigre rendement des obligations pousse les investisseurs vers des actifs plus risqués, à la recherche d’une performance plus satisfaisante.

C’est d’ailleurs la raison pour laquelle la bourse a si vite rebondit en 2020 : l’effondrement de la bourse a été l’argument déterminant pour convaincre de nombreux investisseurs particuliers de se lancer sur les marché financiers.

Avec un taux de refinancement de 0% depuis 2016, presque 6 ans, les investisseurs se sont habitués à de tels ordres de grandeur, à tel point que beaucoup imaginent que la situation est faite pour durer, et excluent toute hypothèse de hausse, tant le climat économique est particulier. Pourtant, ces derniers pourraient avoir tord.

Lire également : Devriez-vous investir dans des obligations à haut rendement ?

Ce graphique représente l'évolution du rendement des OAT 10 ans.
Evolution du rendement des OAT françaises 10 ans depuis le 1er janvier 2002. Comme vous pouvez le constater, les taux d’intérêt se sont particulièrement effondrés depuis 2008.

B / L’impact de l’inflation sur les obligations

La mission principale d’une banque centrale est de veiller à la stabilité des prix. En provoquant des cycles de chocs de demande et d’offre successifs, la crise sanitaire a favorisé l’apparition de l’inflation dans la machine économique.

Au début de l’année 2021, les différentes institutions politiques se sont accordées pour dire que l’inflation ne serait que temporaire et qu’il ne fallait pas s’en inquiéter. Mais en réalité, l’inflation ne faiblit pas, et elle est même faite pour durer.

Pour assurer leur mission, les banques centrales ne vont avoir d’autre choix que de rehausser leurs différents taux directeurs. Sur les marchés financiers, ces craintes fragilisent autant le marché obligataire que les valeurs technologiques à forte valorisation.

Car lorsque les taux remontent, les investisseurs demandent un rendement plus élevé, ce qui signifie que le cours des obligations doit baisser pour offrir une rémunération équivalente. Même sans action de la part de la banque centrale, l’inflation ronge le pouvoir d’achat, et donc, la valeur de la liquidité : le capital remboursé à maturité a perdu de sa valeur.

Pour toutes ces raisons, il est délicat d’investir dans les obligations dans un contexte d’inflation et de remontée des taux. Cependant, la crise sanitaire a mis en lumière la fragilité de certaines entreprises et nous a rappelé que le risque de faillite était bien réel.

C / Le risque de défaut lié au Covid-19

Alors que tous les investisseurs s’attendaient à faire face à des faillites en cascade, principalement dans des secteurs comme l’hôtellerie ou le transport aérien, ce scénario catastrophe ne s’est pas réalisé. Au contraire, le nombre de faillites a été moins important en 2020, par rapport à l’année précédente.

Ceci est dû au fait que les gouvernements ont utilisé tous les outils à leur disposition pour soutenir leur économie. En France, le PGE (prêt garanti par l’état) a permis a de nombreuses entreprises d’accéder à des financements, même celles qui étaient déjà mal en point avant la crise sanitaire.

Enfin, en cas d’effondrement des marchés actions, certaines obligations, comme le 10 ans américains, peuvent servir de valeur refuge, et peuvent contre toute attente s’avérer être un excellent actif en période d’incertitude, comme ce fût le cas au mois de mars 2020.

A propos de l'auteur

Conseiller en Investissements Financiers indépendant et passionné par le monde de la bourse depuis 2013, j’aide les stock-pickers à battre le marché pour qu’ils puissent consacrer leur temps et leur énergie à ce qui compte vraiment pour eux.

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